Comte de Lusace, Nov. 12-30, 1739, Florence to Milan via Bologna, Modena, Parma, Piacenza and Lodi

 

Le 12e. Nov. J’entendis la Messe alla Sanma. Nunziato et on decouvrir de nouveau l’image miraculeuse de Notre Dame.

Le Prince de Craon, le C. de Richecours et plusieurs autres Cavalier assisterent à mon dejeuné. Le Marquis Ricardi et le Chevr. Rossermini dejeunerent avec nous. Ils m’accompagnerent jusqu’à Pratolino Pratolino qui est une des maisons de plaisance du Grand Duc mais point de la meme beauté que Poggio Accajano, l’Ambrogiana et Poggio Imperiale.

Le jardin est d’une etenduë sufficente, les jets d’eau ne sont point du tout remarquable plusqu’ils ne sont que petits, je crois cependant que ce sont ici des premiers jets d’eau qu’il y ait eu. Comme le Grand Prince Ferdinand etoit fort amateur des Operas et musique il fit batit un theatre à Pratolino comme l’endroit de sa villegieture. Il y a aussi une course de bague comme au grand jardin pres de Dresde.

Le Marquis Ricardi et le Chevr. Rossermini prirent congé de moi et s’en retournerent en Ville.* [margin: * La Situation de Pratolino est tres belle entre plusieurs montagnes et il y fait fort froid. On s’ecarte d’une mie du Grandchemin.] Mais je continuait mon voyage jusqu’à

Ponte assieme

Ponte à Sieve

J’y arrivai à cinq heures du soir et logeai dans la maison du Senateur Medici qu’on appelle en ce lieu la Casetina C. Casetone.

Le Marquis Gerini vint expressement de sa campagne avec l’Abbé Albizzi et ils souperent avec moi de meme que le Marquis Suarez Grand Maitre des postes qui est venu ici de Florence.

Je me couchai peu apres avoir fait mes prieres ordinaires avec le R.P. Confesseur.

le 13e. 9bre. Nous partimes vers les sept heures de Ponte à Sieve apres avoir entendu la messe dans une chambre la Chapelle de la maison etant fort humide et par consequens mal saine.

Ce fut donc à 7. heures que nous partimes de Ponte à Sieve d’intention de nous rendre à coucher à Scarica l’Asino mais comme nous fumes obligés de passer la montagne del Giogo et que les chemins furent tres mauvais à cause de la pluië continuelle qui dura toute la journée de sorte que je fus meme obligé de desundre le Giogo en Litiere nous passames cette nuit à

Firenzuola

ou nous arrivames vers les neuf heures du matin de peure que nos hardes et meme tous ceux de mon ma suite ne puissent arriver que fort avant dans la nuit à Scarica L’Asino.

Le C. Bruhl et les autres arriverent quelque tems apres moi et le lit ne put y etre que vers le soir attendu que les Chev l’on fut contrains de leur envoyer d’autres Chevaux afin de pouvoir avoir les _?_ à tems.

Je jouai alle minchiate apres la table et dis apres mon Chappellet avec le R.P. Confesseur avec lequel je parlai pendant quelque tems.

Nous ne soupames plus ce jour là et je me couchai à 7. heures et demi environ apres avoir fait mes prieres comme le jour suivant precedent.

le 14e. 9bre. Nous entendimes la messe à quatre heures et demi du matin dans une des Chambres de la meme maison ou nous avions passé la nuit. Elle apartient à un tel Francesco Baldi qui est emploïe au service de S.A.Rle. de Toscane dans la ville ou Bourg de Firenzuola.

Nous partimes quelque peu avant les cinq heures du matin et arrivames à onze dix et demi à Scarica l’Asino ayant heureusement passé la Ridicosa qui est une montagne tres penible à passer quoique le Giogo le soit encore plus /: Il faut savoir que pour passer le fleuve Santermento entre Firenzuola et Ponte ou pour mieux dire a quelque cent pas de Firenzuola il a fallu que descendre de la litiere et passer un pont tres etroit à pied :/ Arrivé que nous furent au Couvent des peres Olivetins à Scarica l’Asino je me rendis aussi tot à l’Eglise dediée à St. Michel et lorsque les autres de ma suit furent venu nous dinames et repartimes deux ou troix heures apres de ce Couvent pour nous rendre le meme soir à Bologne. Je continuai mon voyage en litiere jusques à Pianoro et une poste et demi de Scarica l’Asino ou le Quaranta Aldovrandi frere du Card. de ce nom de meme que le Quaranta Zambecari et le Prince Ottaviano ou Ottajano que j’ai connu à Naples, se rendirent.

Le Quaranta Zambecari est en meme tems ministre du Roi des deux Siciles.

J’arrivai à cinq heures et demi environ à Bolos Bologna.

Da bord que j’y fus arrivé plusieurs Senateurs ou Quaranta entre autres Aldovrandi et Zambellan vinrent al Pellegrino ou je vins loger.

Monsigeur Olivieri de Rome dememe que Monsignor Sacchetti frere de la marquise Ottavia Patrizi qui est à Rome vinrent aussi me voir. Monseigneur Sacchetti a été jusqu’à present absent de Rome de sorte que je n’eus pas occasion de L’y voir voir mais Monsignor Olivieri dont j’ai deja fait mention dans mon Journal m de Rome me le presenta.

Je soupai avec Mr. le Grand Maitre, le C. Bruhl et Don Orazio.

le 15e. 9bre. Je me levai apres les huit heures.

Le R.P. Confesseur fut le matin chez moi et il ecouta une partie de la leçon que j’avois apprendre le meme matin.

Je reçus aussi une lettre tres gracieuse de S.M. la Reine en date du 31. Oct: et une de Madame la Princesse de Weissenfels.

J’entendis les deux Messes à L’Eglise Archiepiscopale de St. Pierre qui est fort joli de pierre blanche que je ne scais pas nommer. La Chapelle de Boncompagni ou j’entendis les Messes est une des plus belles de cette Eglise de meme que celle du tres S. Sacremment dedié à St. Ignace que le Cardl. Lambertini Archeveque de Bologne a fait _?_ à ses propres depens Comme c’etoit justement le 3e. Dimanche du mois j’eus occasion de recevoir la Benediction du Venerable apres la procession que l’on fait en cette journée au dedans de l’Eglise. Le Senateur Aldrovani que j’avois ci devant nommé Aldovrandi me proposa d’aller voir le batimens des Ecoles qu’on nomme tout courte Le Scuole et je puis bien dire que cela me plut beaucoup. Quand on a monté les premiers grandins du Grand Escalier l’on voit une Medaille avec une inscription et des ornemens de differente sorte qui est peint sur la muraille et quand meme on en est tout pres on croit certainement qu’elle est vraye jusqu’à tems qu’on la touché.

Les ecoles sont remplies de bancs et il y a au bout la Chaire du Professeur Celle d Le Theatre Anatomique est le plus fameux de L’Italie. Il est tout de pierre jusqu’aux bancs, il y a aux milieu une table de pierre entourée d’une balustre de fer sur laquelle on fait toute les operations pour demontrer les parties du corps humain. A l’enteur dernierre les bancs on voit les Statues des plus renommes Professeur qui ont enseigné ici à Bologne. Le plafond est aussi orné de figures et d’autres differens Stucs. Je descendis par l’autre grand Chaque professeur de ce theatre Anathomique est obligé d’expliquer à tous les etudians toutes les demendes qu’ils lui font.

Je vis ensuite la belle fontaine qui est sur la place la tour degli Asinelli et celle des [blank].

Je dinai chez moi en Compagnie du Quaranta Aldrovandi du Quaranta Zambecari et du Marquis Angelelli du fils du Senateur Aldrovandi et du marquis [blank].

Le C. Aldrovandi propose de me faire voir l’Eglise de S. Catharine de Bologne ou nous allames vers les quatre heures et demi. Il y reçus la Benediction du tres Ste. Sacrement et vis à cette Occasion la Ste. mais seulement par la grille qui est à Son Autel. On L’y voit assise et Elle est noir comme Ste. Maddelaine de’Pazzi à Florence. J’en parlerai distinctement quand je l’aurai vu de pres.

Je passai ensuite à L’Eglise du Grand College de Ste. Lucie des Jesuits ou je recus une seconde fois la benediction.* [margin: * le P. Scotti Provencial de cette Province de Venise et le P. [blank] Recteur du Ste. Lucie vinrent le matin chez moi.] Peu de tems apres etre retourné au logis j’allai au petit Theatre des form Formaghari ou l’on representa les deux intermezzi intitulés La Serva Padrona et ils reussirent tres bien. Ce fut Crica et une jeune fille qui les chanterent.

Je me rendis ensuite al Casino. C’est une maison entretenuë par douze Cavalier. La Noblesse de Bologne s’y ressemble et l’on y jouë toutes sortes de jeux. Je fis ma partie de minchiate avec La Sig. Beccadelli Msgr. Sacchetti et Monsr. Spinola Vice Legat.

Le 16e. Je me levai vers les huit heures et apres que le R.P. Confesseur eut ecouté les leçons pendant que je me faisois friser je sortis au vers les onze heures apres avoir donné audience et reçu les deputés du Senat de Bologne. Ceux qui furent deputes sont les Quaranta Zambecari, Caprara, Ariosto et Monti neveu du Marquis Monti qui a été Ambassadeur de France en Pologne.

La Messe fut à S. Petronio premier Protecteur de la Ville. L’Eglise est d’un Architecture Gotique mais à dire vrai il n’y a que le vaisseau de cette Eglise qui soit remarquable attendu sa grandeur. La propreté n’en est pas trop grande. Ce qu’il y a encore de curieux est la ligne meridionale du Casini que l’on y voit et je puis bien dire qu’elle est plus belle que celle de Monsignor Beanchino qu’on voit à la Chartreuse de Rome.

L’Eglise de S. François que j’allai voir apres cela n’est pas si remarquable car j’en ai vuës d’autres à Pise et à Sienne par exemple pour ne pas dire à Rome ou les eglises sont d’une tres grande beauté et magnificence qui m’ont plu de beaucoup plus que celle dont je parle ici. La Chappelle de la maison Monti de meme que celle de S. Antoine de Padoue sont tres belle sur tout la premiere.

Le Couvent est à ce que l’on m’a assuré tres Spacieux Aussi l’aye ai-je vu par les corridors que j’ai passé pour voir les grand escalier qui est fort beau de meme que la voute qu’on voit au premier entrepos. Le couvent contient actuellement 130. Religieux de St. François appellés Conventuales comme aux de Sti. Apostoli à Rome.

Je m’en retournai ensuite au logis et dinai avec le Senateur Aldrovandi, le Senateur Monti, le Senateur Caprara, Monsignor Sacchetti, et le Prince Ottaiano.

Je vis l’apres midi le Palais Ranuzzi.

Ce batiment est fort grand et il y a beaucoup de commodité.

Ce qui le rend fameux est le bel escalier à deux bras bien orné. Il s’unit apres le premier entrepos et devient un seul bras. L’Arcade dessus l’escalier est grande et large de maniere que les Carosses entrant au dessous de l’escalier tres commodement. Par dessour tout à l’entour l’on voit des balcons de pierre sur lesquels on peut fort bien se promener c’est à dire sur chaqu’un separement parce qu’il y a entre les balcons une espece de trumeau formé par le mus.

Le grand Salon est tres bien construit et asses grand.

Le vieux Salon n’est pas si beau quoiqu’il soit d’une belle grandeur. Plusieurs et presque toutes les chambres sont bien peinte mais seulement les plafonds par divers peintres Bolognois.

Les plus beau tableau sont un S. Girome, de Guido Reni, une S. Vierge de Rafael d’Urbino, un grand tableau de Guercino da Cento, un de Tintoretto et de plusieurs autres.

Apres avoir vu ce palais je fus comme le jour avant à la Santa c’est à dire à l’Eglise de Ste. Catherine de Bologne, et ensuite al Casino ou je fis une partie de Minchiate avec la Cse. Caprara, la Marquise Albergati et la Sigra. Beccadelli Sœur de la Marquise Grimaldi qui est à Rome.

le 17e. 9bre. Je so recitai ma leçon au R.P. Confesseur pendant que je me faisoit friser je continuai à porte la bourse comme je l’avois commencé hier.

Le R.P. Confesseur parla ensuite avec moi de differentes choses à propos de ce que je lui recitai cette _?_ :

Impedita in horologio prima rota reliqua omnes quiescun, ita in homine impedito ab ignorantia intellectu velut prima animd rationalis potentia etiam voluntas quae illo motu derigitur ad bene agendum redditur inepta.

Il me dit et demontra que l’intelligence est ce qu’il faut demander au bon Dieu en premier lieu.

J’entendis ce jour là la messe à S. Domenico dans la Chappelle ou le Corps de ce St. repose. On ne le voit point à cause qu’il est muré dans une Urne de bronze d’oré à ce qu’il m’a paru et asses bien orné à la gotique avec differentes Statuës de Sts. Je vis ensuite la tête de St. Dominique et les doigts de St. indice de St. Tomas d’Aquino.

Je me rendis ensuite à l’institut qui est la residence des Sciences ou je reçus par quatre Senateurs deputes par le Senate pour me servir en ce lieu savoir les Quaranta Aldrovandi Magnani Doien, Magnani, Coppi et Marsigli .

Ils me conduisirent d’abord à la Chappelle de cet endroit de là à la Chambre des fortifications ou un abbé me d l’on m’explica tout ce qu’un homme doit faire tant pour la defense que pour l’Attaque d’une place pentagone.

Ensuite nous passames dans une Autre Chambre ou l’on me monta quelques chose de la Statique c’est à dire differens mouvemens des Corps puis quelques effets de l’Ement que Mr. Baillou m’avoit deja fait voir à Florence. Apres cela on me demontra par differens examples ou diverses experiences la Gravité de l’air, puis encore plusieurs effets qui proviennent de la pression d’air etc.* [margin: * Enfin on nous montra quelque chose de la Statiques Hidraulique et Physique experimentale.] Dans les Chambres suivantes nous avons vu quelques pieces antiques mais je confesse que je n’ai pas eu plaisir de la voir apres d’avoir observé celles qui se trouve au Capitole de Rome et à la gallerie de Florence. Aussi celui qui les fit voir ne s’arreta-t-il pas long tems.

En sortant de ces Chambres j’entrai dans celle des faucilles etc. jusqu’aux oiseaux et autres bettes rares. Je puis bien assurer que cette collection m’a beaucoup plus quoique nous ayons tout cela et meme en plus grande quantité partie a Dresde et à ce qui me paroit en partie à Wittemberg. L’Ordre en est tres beau Ce qui regarde la marine La Bibliotheque est fort nombreuse et le Vaisseau est fort beau quoique celle la Bibliotheque du Vatican et de Mal Magliabecchi soient plus belles.

Au sortir de la bibliotheque on me fit voir ce qui regarde l’art de la marine. On y a toutes les partie des vaissaux de guerre des galleres et d’autres batimens de Marine tres distinctement marqués et en meme tems les livres necessaires pour en avoir une parfaite explication. Le Senat donna ensuite un diné magnifique et ters bien servi. Il y avoient deux tables de 20. personnes environ à une et d’autant à l’autre.

Apres que nous nous fumes mis à table vers les trois heures apres midi, que le diner eut duré deux heures environ pendant lequel il y eut musique de divers instrumens de bouche on me mena dans la Laboratoire de la Chimie et je m’y divertis tres agreablement en voyant toutes sortes d’experiences de Dhimie. Le Professeur de cette Science me fit present d’une fiole de Sel volatil Le Sonet De là je passai à la Chambre du nudo c’est à dire celle ou l’on dessine d’apres nature. Ensuite nous allames dans la Chambre des dessins de apres les Statues et de l’Architecture Civile de meme que de la perspective.

Comme il faisoit fort obscuré je ne pus point voir la Specula ainsi que je retournai al Pellegrino ou j’ecrivis une lettre au Roi et à la Princesse de Weissenfels.

Le R.P. Confesseur parla plusieurs choses avec moi.

le 18. 9bre. Je me Confessai au logis et fis mes devotions à S. Lucia dans la meme Chappelle ou S.M. le Roi fit l’Abjuration de L’Heresie et en faisant fils de la vrai et unique Croïance Catholique. J’entendis la 2e. messe dans une autre Chappelle qui a été ci devant la demeure de S. Francois Xavier et pris le Chocolat chez P. Provincial. Je donnai par à S.M. la Reine de ce que j’avois fait mes de devotions de la maniere qu’il est marqué ci dessous. Je dinai avec la Marquis Paulucci frere de nôtre cher Nonce qui est à Vienne Monsignor Paulucci, Msgr. Sacchetti, le C. Salvioli Venetien et le Senateur Caprara et

Le tems etant mauvais on ne put point faire la Course des Chevaux à cause surtout des neiges qui tomberent ici à Bologne.

Je fus non obstant ce tems à La Santa et le Soir aux intermezzi au theatre Formagliari.

le 19e. 9bre. Je me levai comme ces jours passés.

J’entendis la Messe dans l’Eglise de S. Catherine à l’Autel qui est dans l’Eglise. Le Card. Archeveque qui est le Card. Lambertini /: car le Card. Legat s’appelle le Card. Giovanni Batista :/ Spinola :/ Le Card. Lambertini dise dis-je m’ayant donner la permission d’entrer dans le Convent j’eus la Consolation de venerer de pres le S. Corps tout incorruptu de S. Catherine de Bologne. Ce corps est d’autant plus digne d’observation puis que c’est le seul de tous qui soient assis de _?_ de soy meme sans aucune apuy de derriere. Au reste on voit toute la chose qui est palpable, on voit meme jusqu’aux ongles des mains et des pieds. La Ste. est brune au visage et habillée dans un habit de brocas d’or, le voile de Religieuse et une Couronne d’or garni pesante 7. livres à 12. onces L’une sur la tête et des bigouts au Col.

La Ste. es a encore des taches blanches et surtout une qu’on pretend etre la marque d’un baiser que Lui donna un jour N.S.J.C.

Tous ceux de ma suite, plusieurs Cavaliers et autres personnes civiles entrerent avec moi.

Monseignor Vicario Genle. et le Vicaire des Religieuses furent ceux qui nous introduisirent dans le Couvent.

Les Religieuses sont de l’ordre de S. Francois mais de la reforme de Ste. Claire. Apres etre resorti du Couvent je pris la poste et partis de Bologne pour aller à la Madonna di S. Luca à 3. miles de la ville. On y venere une Image tres miraculeuse de Notre Dame peinte par St. Luc. L’Eglise est d’une etenduë pas trop spacieuse mais on y travaille actuellement. Le Religieuse qui sont dans ce couvent sur de l’ordre Dominicain.

Je redescendis ensuite la montagne de sable sur la quelle les chevaux ne vouloient pas nous mener. Etant retourné au logis à Bologne je dinai avec le Senateur Aldrovandi, le Senateur Zambecari, le Senateur Monti, le Bail Bailli Marcolini, le C. Montecuccoli [?], le Marquis Marsili, Monseigneur Secchetti, et il y avoient meme à la table du Marechal.

J’allai l’apres midi me promener à Strada Maggre. Une grande quantité de Dames allerent aussi à la promenade par cette rue qui est tres belle mais pas tant que le Corso à Rome. Lorsque je fus descendu au Palais du Duc Riario dont un certain Pietro Conti riche Negoicant jouit à cette heure on fit courir les Chevaux et ce fut le Cheval d’un tel Cervella qui gagna. Je me rendis au Palais Aldrovandi vers les Sept heures de France et le Senateur Aldrovandi y donna un magnifique festin. Il commença par une Accademie de lettres et il y eurent de tres belles compositions surtout celles, du Dottor Pozzi, du Marquis Lucrezio Peppoli, du C. Berò, du Senateur Peppoli et du Dottor Gianpietro Zanotti. Apres l’accademie fut finie je me mis a jouer à Minchiate avec la Cse. Ca Vittoria Caprara, la Marquise Albergati [?] et la Sigra. Beccidelli [?] apres quoi je vis pendant quelque tems dencer les Dames dont il y avoit un fort grand nombre.

La Cour du Palais etoit toute illuminée et ce fut une magnifique fete.

le 20e. 9bre. Le R.P. Confesseur me parla le matin de differentes choses.

Mr. le Grand Maitre me lut la reponse qu’il donneroit au P. Timoni sur ce que le Seminaire a desire que j’accepta la Prefettura della Congregazione del Seminario laquelle reponse dit que je l’accepta l’acceptai acceptrai avec plaisir.

J’allai entendre la messe au College de S. Saverio ou au College des nobles. Ceux-ci furent tous leurs exercices savoir la dance, jouer de differens instrumens, compositions de differens Sonets, jouer de la pique du Drappeau etc. Ils s’acquitterent bien de tout cela quoique aux du Seminaire Romain et du Clementin les Soir passent.

Comme cela finit un peu tard je dinai au plus vite et me rendis ensuite chez le Quaranta Aldrovandi ou j’entendis disputer sur de toute sorte de matieres et de sciences la fameuse Sigra. Laura Bassi qui n’a que 24. ans, qui est tres expere en toutes sortes de sciences et qui parle surtout un Latin tres clair, et facile, et elegant. Cell Ce divertissement dura pendant 3. hrs.

J’allai le soir al Casino prendre congé des Dames et ne m’y arrêtai en effet qu’une heure environ sans aucunement jouer.

le 21e. 9bre. J’entendis la messe à S. Stefano eglise fort antique qui en effet contient 7. Autres Eglises outre les differentes Chappelles Chaqu’une à Son nom particulier mais tous les 7. s’appellent S. Stefano. On y conserve de tres belles et insignes Reliques.

1o. Je puis bien dire de n’avois jamais vû meme à Rome un seul morceau du bois de la Ste. Croix semblable a celui que l’on voit en cette Eglise tant en longeur longuer qu’on grosseur.

2o. On y voit une partie de la bande dont Notre Dame se servoit pour lier sa Tete.

3o. Il y a la Tete de . Petronio prr. protecteur de la ville de Boulogne. Outre une quantité d’autres.

Au retour de l’Eglise je dejeunai et partis apres cela vers midi de Boulogne et les Senateurs Aldrovandi et Zambecari m’accompagnerent jusqu’à Samoggia et j’arrivais le meme soir du 21e. à

Modene.

Apeine y fus-je arrivé que Mr. le Duc vint aussi-tôt avec le Prince Hereditaire nommé Hercule Rinal ne donner visite à la maison du marquis Comte Moreni que S.A.S. m’a fait preparer. Je le reçus à la premiere porte et Lui presentai la premiere place mais Mr. le Duc m’ayant fot prié de la prendre et on y ayant meme mené je l’acceptai et m’entretins pendant plus d’un quart d’heure avec Lui.

Lorsque S.A. fut partie et que je L’Eus accompagné jusqu’à la porte ou je l’avois reçu je me rendis peu de tems apres au Palais.

Le Duc me reçut à la Sale des gardes ou je descendis aussi tot de la porte chaise de la quelle je m’etois servi pour monter l’Escalier avec d’autant plus vitesse et S.A.S. me prit aussitôt par La main me conduisit dans la Chambre et me fit asseoir sur un Canapé se m’etant Elle meme sur un dossier à mon côté droit.

Je priai le Duc de me presenter à Madame la Duchesse et lorsque j’y vins Elle jouoit à la Cavagnola avec les princesses Benedicte et Amelie ses belles freres, avec Made. Donna Cornelianeglia Cesi et le Comendeur de Malte nommé Mr. de Sades. Les Princesses et Princesses fils et filles de Mr. le Duc etoient aussi present. Ils s’appellent le Prince Hercule Ercole Rinaldo Prince hereditaire, les Princesses Felicité, Mathilde, et Fortunata Maria et le dernier est le Prince d’Este qui n’a aucun nom jusqu’à present quoique il ait deja reçu l’Eau de Bapteme mais les ceremonies ne sont point encore faites. Je soupai ensuite avec le C. Guiciardi, le Marquis Frosini et le Marquis Giovanni Rangoni qui est le Gentilhomme destiné à mon service.

le 22e. Je me levai à huit heures et demi.

Le R.P. Confesseur ecouta ma leçon apres quoi j’entendis la messe aux recolets qui celebroient la fete de Ste. Cecile.

Comme c’etoit jour de Dimanche j’en entendis un autre aux Jesuites. Le Palais du gra Duc de Modene contenant en soy la fameuse gallerie des Tableaux j’allai voir ce beau recueuil.

Les Il y a de beaux tableaux entre du d’Annibale Caracci entre autre la peste et l’Aumone de St. Roque.

Dans les autres Chambres on voit de beaux tableaux de Paolo Veronese entr’autres Le tableau de Sa famille. Un des plus beaux del Guido sont est le baccus qui boit et le Mercure qui vole du

La derniere Chambre ou sont le susdit Baccus de Guido et les le Baccanal et la Diane au bain del L’Albano del Albano contient beaucoup de beaux tableaux entr’autre le St. Francois du Guido, L’Ad le Cristo della Moneta du Titien, de meme que Audultaire Pius la fameuse nuit, et le et le S. Mathieu Matthieu du Corregio comme aussi la petite Madelaine à laquelle l’on voit tous les nerfs et ongles. C’est en peu de mots un Chef d’œuvre. Le plus beaucou de tous les tableaux que j’aye vu et que dont il est difficile que je voÿe le semblable est le St. George. En voici la description:

 

La Ste. Vierge ayant entre des bras l’Enfant Jesus est assie sur une espece de throne et ces deux figures sont en scurcio parfait. L’habillement de La Ste. Vierge est parfaitement beau de meme que Sa tete, mais ce qui en est plus remarquable est son pied qui paroit veritablement sortir du bord de l’espece de throne. La Tete de l’Enfant Jesus n’est pas de la meme beauté que tout le reste du Corps et surtout que le pied gauche qui est en l’air.

Le throne est soutenu par deux petits en _?_ d’une tres grande beauté. Le grouppe de devant savoir quatre enfans qui jouent ensemble est infiniment achevé et l’on y voit veritablement exprimée l’intention des susdits enfans, dont troix l’un jouë et monte à Cheval d’un baton, et les deux autres s’efforcent de mettre sur la tete du troixieme le Casque de St. George.

Celui ci est habillé en guerre tenant la Halebarde d’une main et ayant le bras gauche sur la hanche le bras est une des plus beaux Racourcissemens qui y ait dans tout le tableau la main etant tournée d’une maniere tres difficile et le Coude sortant pour ainsi dire du tableau. Le pied droit de S. George est posé sur la tete ou hure du dragon qu’il vinquit. Le pied gauche est aussi tres bien placé et l’on voit tant dans l’un que dans l’autre la force et la le savoir du peintre. Le Corps est à coup couvert d’un drap qui accompagne tres bien le visage guerrer du St. et encore plus l’habit de St. Pierre martir habillé en Dominicain ce qu’il y a de plus beau à cette figure est la main gauche dont on voit le pomeau et elle est aussi tres Achevé.

La figure de St. George et de St. Pierre Martyr sont à la gauche de l’Enfant Jesus mais de son a coté a son côté, droit il y a St. Geminian Protecteur de la ville de Modene qui presente Sa vie à N.S.J.C. laquelle est soutenue par un autre petit enfant. Ce qui est le plus beau à la figure de St. Geminian est les cheveux et la barbe de meme que l’habillement et surtout un manteau rouge jaune qui n’empeche point du tout que la carnation de St. Jean Baptiste _?_ un tres bel effet. Les muscles du dors sont infinement bien exprime et le visage du Saint qui est en profile est d’une douceur et delciatesse _?_. Voici la description du S. George.

Madame la Duchesse me fit ensuite appellé pour diner chez elle.

La Duchesse avoit le haut bout, j’etois à la droite de S.A.S. a la gauche etoit Mad. la Princesse Amelie, à côté de moi la Princesse Benedicte, au coté de laquelle etoit le Prince hereditaire, ensuite venoient deux Dames, puis Mr. le Duc de Modene et de l’autre côté des autres Dames. La table etoit bien de quinze personnes. Apres qu’on eut diné le Duc me prit dans Son Carosse à six et à six places. Il me donna la droite et se mit à mon côté gauche vis à vis de moi etoit Mr. le Grand Maitre et vis a vis du grand Duc le etoit le le Grand Ecuïer, le C. Brühl etoit à mes pieds, et le Grand Chambellan Tadeo Rangoni etoit aux pied du Duc.

La Duchesse, les Princes et les Princesses suivoient dans d’autres Carosses. Nous allames diverse fois par le Canal Grand ainsi appellé à cause des eaux qui ecoule dessous la rue.

Au retour l’on joua alla Cavagnolà et les places furent comme ci dessous.

le 23e. 9bre. Je me levai à huit pas heures et le R.P. Confesseur vint le matin et apres m’avoir instuire sur ce que portoit ma leçon et le P. Confesseur du Duc de Modene de meme que celui du Prince Rinald Hercule Rinald son fils et des Princesses ses sœurs furent chez moi.

J’entendis la Messe au Daume. C’est une eglise fort belle mais d’une Architecture gothique. On y consert la main de St. Giminian Protecteur de Modene. On y voit aussi un tres beau tableau du Guido qui represente la Purification de Notre Dame. Je ne pus point monter sur la tour à cause que j’etois pressé d’aller voir les medailles du Duc de Modene.

Elles sont en assés grand nombre mais les plus belles sont un Horatius Flaccus, un Domicien et cinq Antonins.

Une belle Statuë d’Andromide y est aussi à voir. Toutes sortes de b Une main de marbre y est conservé comme une chose tres rare à cause de la delicatesse avec laquelle elle est travaillée.

On y voit aussi une tête de mort petrifiée et plusieurs Cocquilles et autres choses naturelles.

Je dinai en Cour de la meme maniere qu’hier. J’assistai ensuite au College des nobles à une Accademie que Ses Cavaliers là firent à mon honneur et ils se distinguerent sur tout dans la dance et dans le faire des armes.

Ils y eurent 3. jours de recreation.

Il y eut bal en cour et on joua aussi à la Cavagnolo.

le 24e. 9bre. J’entendis la Messe ai Scalzi qui celebroient la fête de S. Jean de Deo. Le R.P. Confesseur fut auparavant chez moi et ecouta ma leçon. Je vis le meme matin la Bibliotheque ou je vis beaucoup de livres donné au jour par le fameux Muratori Bibliothecaire du Duc de Modene entre autre celui qu’il a dedié au Roi mon Pere. Le 2e. tome de ce meme livre me doit etre dedié par ce Muratori Il est incroyable combien cet homme a ecrit lui meme. Une bible Miniée etc.

Je dinai en Cour et Le Duc me prit dans Son Carosse nous allames comme l’autre fois par le Cours et l’on joua au retour alla Cavagnola.

Trois bonnes voix savoir une femme contralto, un homme Suprano et un autre Baritono arriverent se firent entendre. On rejoua encuite à Cavagnola.* [margin: * Je pris ensuite congé de tous ceux qui etoient present et Mr. le Duc vint avec le Prince heretaire chez moi pendant que je soupai pour me donner les derniers adieux.]

le 25e. 9bre. J’entendis la Messe à S. Dominique et y vis apres cela toute l’Eglise pour ce qui est du batiment. Il est rond au milieu bâti à la moderne et je puis ire que cela m’a assés plus mais cela est en petit et c’est l’Eglise de la cour. L’autel de Notre Dame du rosaire est magnifique et tous les autres doivent aussi de la meme façon avec le tems.

Dans la chappelle de S. Vincenzo Ferreri Vincent Ferreri l’on voit un tres beau tableau del Zoboli qui est un peintre etabli à Rome mais son tableau n’est pas à comparer avec ceux du Correggio, du Raphael, du Titien, Du Carracci, du Mazzola autrement Parmeggianino, del Guido, d’Andrea dal Sarto, de Bronzino, du Barocci et de semblables.

Je dejeunai ensuite avec Mr. le Grand Maitre, le Marquis Giovanni Rangoni, le C. de Bruhl et le B. Wessemberg. Plusieurs des ministres et Cavaliers y assisterent. Le Marquis Giovanni Rangoni m’accompagna par ordre de Mr. le Duc jusqu’au frontiere du modenois et quand il prit congé je lui pris fis present d’une tabattiere de Lapis Lazuri et d’une bague de brillants. Les autres ce qui j’ai fait des presens furent le C. Guiciardi il eut une tabattiere d’Ametiste et une bague de brillant. Le Marquis Frosini en eut aussi une dans une tabattiere de Cailloux.

Le General des postes eut une montre à repetition. Le C. Moreni et le en eut une d’or et le Chanoine Muratori en eut une medaille d’or.

Lorsque le Marquis Rangoni eut pris conge et que je fus entré dans le Parmesan le Prince Trigiano de la famille Giovanazzo, ou Papacoda du Royaume de Naples vint à ma rencontre avec deux Carosses à dix mais je ne les acceptois point et continuai mon voyage en Chaise jusqu’à

Parme.

J’y arrivai à 4. heures et demi du Soir.

Le marquis Comte Tarasconi frere de celui qui est à Naples ayant preparé la maison du Marquis Giandemaria MaggorDomo de la Duchesse Henriette veuve du Duc Antoine de Parme et Sœur du Duc de Modene on l’accepta puisqu’il n’y a aucune bonne hoberge à Parme. La Duchesse Douainiere Dorothée envoya le meme soir me complimenter sur mon arrivée en cette ville et le C. de Brühl l’allait remercier de ma part. Je soupai avec Mr. le Grand Maitre, D. Orazio, le C. Brühl et le C. Zarasconi.

le 26e. 9bre. Je me levai à huit heures.

Le R.P. Confesseur rentendit mes leçons.

J’entendis la messe alla Steccata qui est l’eglise des Chev. de l’ordre de S. George qu’on appelle autrement l’Ordre Constantinopolitain. Elle est tres grande et il y a de belles peintures du Mazzola et d’autres bons peintres. Ce qu’il y a de plus beau est un Moyse sur en haut dans une des voutes fait par le Parmeggianino. Apres que la messe fut achevée nous nous rendimes à l’Eglise de St. Jean. On y voit de tres belles peintures. Il y a entre autres de tres belles un tableau du Parmeggianino dans le refectoire qui represente la Cene de Jesus Christ. L’Architecture de ce tableau est admirable et L’on la suppose vraÿe a une certaine distance tant est elle bien Achevée. Dans une des Chappelles laterales de l’Eglise de S. Jean l’on voit deux beau du Correggio dont l’un represente les trois Maries qui pleurent Notre Seigneur qui est au tombeau, et l’autre un martyr d’un St. mais ils ne sont pas trop bien conservé à cause que les corniches sont de marbres et par consequens ils sont gatés par l’humidité qui en sort.

Le Daume de Parme est une eglise digne d’etre vuë tant a cause de l’Architecture gothique qu’a cause de ces peintures. La piece la plus belle qu’il y ait en ce genre est la Cupole du Corregge à cause des grands racourissemens de dessous en haut ce qui est un ouvrage tres difficile.

Un des beaux tableaux du meme que l’on voit à Parme est celui qui je trouve à S. Antoine Eglise de Religieuses. On l’a mis infermé dans une muraille hors de l’Eglise afin que l’humidité ne lui fasse aucun domage. Je puis que je point de tableau aussi beau que celui-ci excepte le St. George de Modene qui le surpasse. Tous les Caracteres y sont cependant tres bien exprimes. Il y a St. Geraume du quel le tableau prend le nom, puis L’Ef Enfant Jesus, la Ste. Vierge, la Maddelaine et deux Anges. Je m’en retournai ensuite au logis et y dinai avec le Gl. _?_, le Col. du Regt. de Traun [?], le Lieut. Col. Du Regt. de Miglio et le C. Tarasconi et son fils.

Comme il y a de belles peintures au Palais du Jardin des Ducs de Parme j’allai les voir et je puis bien dire que la seule Chambre qui m’ait plus est celles peinte au dessus par Annibale Caracci et au dessous par Carlo Cignani.

J’allai ensuite donner visite à la Je vis apres cela le fameux theatre de Parme dont je n’ai pas vu le semblable tant à cause de sa beaute par L’Architecture qu’à cause de Sa Vasteté. Il a une resonence parfaite et juste car quand on parle tout naturellement au fond du theatre on l’entend à la premiere porte du Parterre.

J’allai le meme soir donner visite à la Duchesse Dorothée que je trouvai au lit à cause qu’Elle est fort incommodée par des melancolies. Elle me retint près d’une heure avec elle et me montra beaucoup de joye de me revoir. Au retour du Palais l’Evêque de Parme vint me rendre visite et lorsqu’il fut parti j’ecrivis une lettre au Roi.

Le C. Tarasconi souppa avec moi.

le 27e. 9bre. Le P. Recteur du College des Nobles m’ayant invité d’assister à une Accademie que les Nobles vouloient faire ce matin là en mon honneur je m’y rendis apres avoir entendu la Messe au grand College devant l’Image de mon St. Patrone. Ce grand College dont je parle est un batiment pour le moins aussi beau que celui du College de St. Ignace à Rome. Pour retourner au College des Nobles je dirai qu’apres que ces Mrs. fussent distingué dans leur exercices surtout à faire des armes et a dancer je fis le tour d’une bonne partie du batiment. La grande Sale est un beau vaisseau et orné de bonne peinture.

Les troix Chappelles sont tres devotes surtout celle de Notre Dame.

Les Chambres sont tres commodes.

Celles poru les malades sont bien reparées du bruit et du froid et plus commodes que les autres.

L’Apoticairerie est bien pourvui de toutes sortes de drogues.

Les refectoire grand et beau,

Les theatres jolies autant qu’ils _?_ l’etre, et les habits necessaires pour les Operas et commedies en grande nombre.

Les apartemens pour les etrangers sont pareillement fort beau vastes et commodes. Enfin il y a tout ce qu’il faut pour loger nurrir instruir et divertir 300. Cavaliers.

Je dinai chez moi avec le C. del Verone, le C. S. Vitali, et le C. Tarrasconi.

J’allai l’apres midi voir l’Eglise des Capuccins. On y donna la Benediction du venerable.

Il y a de tres beau tableaux du Caracci de Guercino, da Cento et autres peintres. Je dinai ensuite visite à la Duchesse Dorothée. Les Collegiaux firent jouer le soir une Comedie par des gens de la ville qui ne sont pont Comediens Il y en eut entr’autre un qui fit le Personage appellé Il Desevido Les qui est une espece de _?_. Les seminaristes firent les ballets et le tout reussit à merveillé au grand theatre du College.

Le Marquis C. Tarasconi ayant proposé de me faire entendre une femme et un certain Borsi qui sont deux bons musiciens je les entendu pendant le soupé. La femme a beaucoup d’agité dans la voix mais peu de poitrine. L’homme a beaucoup de poitrine et une voix de Tenore plus belle que Amorevole puisqu’elle s’etant depuis certaines cordes de Contralto jusqu’à certaines autres de Basse.

le 28e. 9bre. apres avoir entendu la messe dans la maison et ap avoir donné une tabattiere d’or à Tarasconi je pejeunai et partis de Parme ou la Duchesse Dorothée m’avoit fait servir par ses equipages. Arrivé que je fus à Borgo S. Donino je descends à l’Eglise des Jesuites, ou il y a une Image miraculeuse de Notre Dame. Apres y avoir entendu la messe j’eus occasion de voir le Prince de Darmstatt Colonel au Service Imperial. Ce fut dans une des Chambres du College que je le reçus sans lui donner la main. Je vis de meme l’Eveque du lieu et poursuivis ensuite mon voyage jusqu’à Plaisance.

Le C. Trotti m’y donna ce soir là une nombreuse assemblée dans le Palais Ducal ou y loge et c’est une magnifique batiment. Je logeai à L’hoberge de S. Marco.

le 29e. 9bre. Je me levai à Sept heures et apres avoir reçu le Pere Gonza Gonzaga j’allai entendre la Messe au Daume qui est une Eglise asses grande et fort considerable par les Peintures du Carracci, du Procacini, du Lanfranchi et du Franceschini da Bologna.

L’Eglise de S. Pierre qui est celle des Peres Jesuites ou j’entendis la deuxieme messe est fort petite et propre mais au reste point remarquable.

Je passai ensuite à celle de St. Augustin qui est tres remarquable à cause de la bauté de son Architecture. Celle della Madonna di Campagna est fort à considerer à cause de la grande devotion que le peuple a _?_ une Image miraculeuse de Notre Dame, et des belles peintures à fresque que l’on voit. Je partis l’apres midi pour

Lodi

Ou j’arrivai vers la nuit. Je fus reçus au Carosse par le Prince Triulze, par le Comte Federigo Boromei frere de la Princesse Donna Teresa Albani, par le C. Bolognini Gentilhomme de Chambre du Roi des deux Siciles et par une quantité d’Officers des Regts. de Husars et de _?_ et de Dragons de Saxe Gotha.

Le Prince m’a prepare le Palais du Marquis Mudgniani [?] qui est un batiment tres beaux et grand. La Compagnie des Grenadiers passa en revuë dessous les fenêtres du susdit palais et puis je soupai avec le Prince Triulzi, le C. Fedco. Borromei, le _ Bologmini, le Coll. des Husars, le Lieut. Coll. de Saxe Gotha et les Cavaliers de ma Suite. Apres avoir entendu le jour suivant le 30e. les deux Messes au Logis et pris le j’arrive à les le je partis de Lodi et arrivai le meme jour 30e. Novbre. à Milan.

et le Cte. Federigo Boromei etant venu à ma rencontres hors des portes prit le devant et me reçut de nouveau au Carosse à mon arrivée devant Sa maison ou je logeai.

Je dina peu apres avec en Compagnie du Susdit Comte Federigo Boromei, de Don Orazio, de Mr. le GrandMaitre et du Comte de Brühl. Le Marquis Sorbelloni frere de Msgr. Sorbelloni Nonce de en Pologne, Msgr. Tagnani et le Comte Arconati [?] furent ici et suivrirent quand nous etions a table. Le Marquis Emilio Visconti, Le Marquis Alberto Visconti, le Comte de Colowrath, le Comte Werschowitz, le Marquis Palavicini et plusieurs autres Cavaliers furent ici le meme soir.

Le Prince de Wolffenbüttel Cadet de La maison de L’Impce. Regnante qui a le Caractere de Colonel au Service Impe. vint ici en compagnie de Mr. le Cte. Traunn Gouverneur de Milan. Je Lui donnai la main et l’accompagnai lorsque Il partit jusqu’à la porte de la Chambre.

Je fis ensuite une partie de Minchiate avec le C. Federigo Boromei, le Prince Albani et le C. Bruhl. Je ne pris le Soir qu’un peu de bouillon puisque j’ai dinai tard et me retirai peu apres.

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About Comte de Lusace

Friedrich Christian (Sept. 5, 1722- Dec. 17, 1763) was the eldest son of King August III and Queen Maria Josepha of Saxony/Poland. Sickly at birth and crippled by what was described at the time as "palsy", he toured Italy in 1738-40 on a quasi-Grand Tour-cum-pilgrimage and cure, aged 15-18. Traveling incognito as Comte de Lusace, he departed Dresden on May 13, 1738 in the company of his sister, Maria Amalia, the new Queen of Naples, for a four-week journey via modern-day Czech Republic, Austria and Slovenia to arrive in Naples on June 22, 1738. Following a cure on Ischia (July 12-Sept. 23, 1738) and a period of recuperation in Portici and Naples (July 23-Nov. 15, 1738), the prince sojourned for a year in Rome residing in Palazzo Albani alle Quattro Fontane (Nov. 18, 1738-Oct. 14, 1739). After Rome, he toured Tuscany, Lombardy and the Veneto (Oct. 14-Dec. 21, 1739) before floating into Venice for six months in Ca'Foscari (Dec. 21, 1739-June 11, 1740). Prior to returning to Dresden on Sept. 7, 1740, the prince spent two months in Vienna with his grandmother, Dowager Empress Wilhelmine Amalia. Three unpublished diaries written by the prince and two members of his entourage offer parallel accounts of each day of a unique tour of Italy and are presented here in the form of a blog, together with auxiliary documentation and illustrative material. NB: Inaccuracies, idiosyncrasies and misspellings are retained; some writing is bound into the margins and illegible. Autocorrect has occasionally introduced misspellings for which I apologize.
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