Comte de Lusace, Sept. 1-15, 1739, Rome

“le 1r. Sept. Je me levai à L’heure ordinaire et apres que j’eus entendu la Messe le Pere Idelfonso Instructeur des fils du Pretendent d’Angleterre vint ici m avec trois jeunes Semi Collegeaux du College Nazarino pour m’inviter à vouloir assister à une Accademie qu’ils feront le 6e. du Courrant a ce College.

Les trois Collegeaux etoient: Mr. le C. d’Etingen, le fis du Marquis Cappuccini et Passari le Neveu du Cardl. de ce Nom Auditeur du St. Pere. Il n’est point noble n’y roturier mais de La Bourgoisie. Il est de Naissance du Royaume de Naples.

Sublayras ayant demandé un jour pour retoucher le Portrait qui est destiné pour Mr. le Grand Maitre vi il vint ce matin et apres que Le R.P. Confesseur eut finie L’Instruction dans La quelle nous Continuames La Philosophie. Ma maxime de ce jour fut:

Princeps non Socordiæ […]: c’est a dire: Qu’un Prince s’accoutume a “Un Prince ne doit point s’accoutumer à La Molesse, ni à l’oisiveté, et ni aussi aux Caresses des femmes ni aux jeux et badineries d’enfant mais il doit s’accoutumer au travail et à La Vertus.”

Comme Sublayras ne put point finir Le matin il je lui donnai encore une bonne heure apres avoit diné et ne dormis point. Je fus le meme Soir à S. Giovan decollato aux quarante heures.

Je recus le Soir du monde et il n’y eut que La Duchesse de Tursi qui ne resta point à Souper et La Marquise Massimi dell’Ara Celi qui y resta.

Le 2e. Sept. Ma maxime etoit la suivante:

Timore Dei Vita humana […]” c’est a dire:

La Crainte de Dieu est L “La Vie de L’homme est appuyée sur La crainte de Dieu et la majesté meme ainsi que l’autorité des Rois en consiste.”

La Messe et L’Instrucdtion furent comme les autres jours.

Comme on fait une Accademie au Seminaire Romain je m’y rendis à quatre heures et ne dormis point apres la Table.

Ils Se distinguerent certainement tous dans leurs exercices et Compositions Latines surtout le Cte. Vincenzo Gambara en toutes sortes d’exercices. Le C. Organi dans L’Oraison Latine à jouer de La Pique et à sauter le Cheval de bois de meme que le Cordon. Le C. d’Arensberg à Sauter le Cheval de bois, le C. Melzi à dancer le Cte. Ondedei jeune garçon de 15. ans à Sauter le Cordon et dans la dance le petit Don Francesco d’Arco dans la dance le Don Michele Juvellanos à jouer du drappeau sur le Cheval de bois, le Marquis Molinara de meme que Juvellanos à La dance et deplus à faire des Armes et tous les autres firent aussi tres bien. La fonction se fit dans la Sale du Theatre et il y eut beaucoup de Spectateurs entre autres le P. Gl. et plusieurs Peres de la maison Professe.
Je fus aussi a Sta. Maria in Cosmedin ou à La Bocca della Verità ou L’on fait la neuveine de la naissance de la tres Ste. Vierge.

La Marquise Vettori et plusieurs Prelats et Cavaliers furent ici.

le 3e. Je me levai à l’heure ordinaire et le matin ce passa avec le R.P. et nous continuames La Philosophie.* [margin: *J’ecrivis une lettre de à S.M. la Reine en reponse de La Sienne que je reçu hier. Elle est datée du 15. Août. 1739.]

Je reposai L’apres midi et fus ensuite à La Neuveine que se fait à S. Maria in Cosmedin ou La Bocca della Verità.

Il y eut se Soir Là la Duchesse de Martino, Msgr. Caracciolo son fis me presenta un livre intitulé:

Compendio delle Virtù del Cardl. Innocenzo Caracciolo gia Vescovo d’Aversa.

La Maxime de ce jour etoit:

Princeps egregias Omnis disciplinas […]“ C’est a dire:

“Que le Prince apprenne au juste toutes les Sciences et tous les Arts mais surtout ceux qui regardent le Gouv servent pour gouverner et affermir l’Empire.”

Le 4e. Sept. Je fus le matin comme de coutume je le fais regulierement tous les vendredis al Gesù et y entendis La messe à L’Autel de mon St. Patron.

Au retour de l’Eglise le P. Recteur du College Clementin et le P. Baldini et trois Cavaliers Napolitans qui sont actuellement au College vinrent m’inviter encore une fois de Venir à L’Accademie qu’Ils feront demain à l’Occasion du jour de ma Naissance.

Le R.P. Gl. des Jesuites etant venu peu apres pour me feliciter sur le meme occasion jour me dit qu’Il vouloit faire lire 2000. messes pour remercier le Bon Dieu de ce qu’il a plu à Sa Divine Bonté de me faire heureusement accomplir la 17e. Année de mon âge. Ce R.P. veut en faire lire aussi 2000. autres pour prier le Seigneur de vouloit bien me donner une longue et heureuse vie. Je le remerciai fort de cette bonté et le me recommendai de plus en plus à ces Saintes prieres.

Je dormais L’apres midi et fus ensuite à gli Agonizanti ou j’assistai à cette devotion Là. Je fus aussi à L’Oratoire de St. Francois Xavier ou le P. Orlandi fit une tres beau discours sur la devotion que chaque Chretien doit avoir envers Son bon Ange Gardien. La La Sigra. Vittoria Capranica et La Sigra. Laura Boccapaduli furent le meme soir chez moi et resterent a Souper. La Duchesse d’Alteims ne fut ici que pour un momment. Msgr. Almenara fut aussi ici au commencement de L’Assemblée. Plusieurs y vinrent aussi.* [margin: * Maxime de ce jour fut celle-ci. Eam legem studus Princeps figat Ut nulla […] C’est à dire que le Prince se fixe cette regle aux Etudes afin qu’aucun jour ne se passa vide celon le dicton d’Apelles Q’aucun jour a soir sans ligne, ou pour mieux expliquer le vers latin: Qu’aucun jour se passe auquel il n’ait été luë une ligne et ma maxime de ce jour fut et Eam legem studus Princeps figat ut nulla dies]

le 5e. Septe. Jour de ma Naissance Mr. le GrandMaitre vint le matin me feliciter sur ce sujet et il me fit present d’une petite pierre Antique representant un Crapeau enchassée en bague d’or.* [margin: * le R.P. Confesseur ayant jugé _?_ à propos que je dise plus La prierre Allemande j’en commencai ce matin une Latine qui me donna en echange.]

Le R.P. Confesseur etant venu chez moi apres la Messe m’apporta des Reliques de toute La famille Sacrée, et une particule fort belle de La Ste. Croix de N.S.J.C. de la part du Chanoine et C. Vincenti, et une Religeuse de St. Andrée Apotre et de St. [blank] de la part du P. Andreucci P. Jesuite, comme aussi une Eglogue Latine avec divers Epigrammes Latins et Sonets Italiens faits par le R.P. Timoni à mon honneur. Ce meme R. P. avoit deja envoyé à Mr. le Grand Maitre une grande partie du Corps d’un des Sts. Innocens, le quel me le remit aussi tôt.

Le Chanoine et le C. Vincenti aurent peu de tems apres audience apres que D .Orazio Albani avoit été chez moi. Le Duc Salviati fut le meme matin ici me feliciter. S.Emce. le Cardl. Camerlingue vint me voir vers les onze heures et me donna les Reliques suivantes: fort bien anchassées et Savoir: St. Bernardi Ab: Sti. Paschalis Baylon, Sti. Romualdi Ab: Sti. Rocchi Conf. Ste. Teresiæ Virg. Sti. Eustachÿ mart: Sti. Sebastiani mart: De Carne Sti. Laurentÿ mart: Sti. Apollinaris Ep. et mart: Sti. Flav: Clem: ex Cons: et Mart:

Il y eut le matin plusieurs autres Cavaliers et Prelats: savoir: Msgr. Bussi, Msgr. Caucci, le C. Giacomo Bolognetti, le Chevr. Zampay, et le Cte. Lagnasc dinerent ici.

Les valets de chambre, le Page Wilkonski, le Compositeur Harre, et le Violon Horn firent Concert pendant la table, qui finit à trois heures. Je fus vers les quatre heures mes prieres accoutumées apres quoi j’allai aussi tôt au College Clementin pour y assister à l’Accademie que ces Mrs. on preparé a mon honneur. Elle reussit fort bien et plusieurs de ces Cavaliers se distinguerent par dessus les autres. Ils firent tous les Exercises qu’on apprend dans les Colleges et firent de plus L’Exercice militaire tel que le font les trouppes du Pape.

Je priai en partant le P. Recteur des vouloir bien accorder trois jours de vacance a ces Mrs.

Je trouvai au retour du monde et jouai au trois sept. Me. La Connetable la Princesse Carboniano et la Duchesse de Rignano furent de la partie.

Peu apres que nous eussions commencé le jeu Me. la Princesse Albani vint me faire L’agreable surprise de me dire si je voulois ecouter une Cantata qu’elle avoit fait composer par Latilla le plus fameuse de tout les compositeur qui soient à Rome, Tout ces fait d’accord avec le Cardl. Camerlingue. Il avoit Les paroles de la Cantata etoient du R.P. Noietti de La Compagnie de Jesus.

Il y eut le meme Soir outres les Dames susmentionnes un grand nombre d’autres Dames et Elles assisterent toutes a cette Cantata. Mes. La Princesse et la Duchesse Corsini vinrent un peu plus tard mais elles pourtant lieu entendirent pourtant une bonne partie de La Musique qui eut beaucoup d’applaudissement de tout le monde. On conta que 45. jusqu’à 50 Dames dont 18* [margin: * et entr’autres les nieces du Pape] resterent à Souper y avoient assistées, et entr’autre les Nieces du Pape. Apres que la Cantata fut achevé je fis une partie de Jeu alle Minchiate avec Donna Vittoria Corsini, la Princesse Carboniano et Marquise Maria de’ Cavalieri. Pendant La table il y eut concert d’instrumens.* [margin: * Aliud est cessare omnino […] C’etoit Là ma maxime. En voici l’explication francoise: Autre chose est cesser tout à fait /: d’etudier :/ autre chose est de divertir, et de relacher l’Esprit.]

le 6e. 7bre. Je me levai vers les six heures et demi et apres avoir entendu la Messe je me rendis à neuf heures passées au Nazarene et assistai derniere une grille a la Cantata qui ce Chanta dans la Grande Sale de ce College. Il y eut au Commencement une Oraison Latine que le Neveu du Cardl. Passari recita sur une Chaire. Le Marquis Capuccin fils du Marquis Capuccini recita apres L’Oraison une Poesie Latine. Trois des Collegeaux reciterent apres la premiere partie de La Cantata une Eglogue Latine et un autre fit a La fin un remerciment en Latin. Je ne puis pas dire que La musique ait été trop bonne car il y avoit des prieres deja connuës mais Elle etoit pourtant meilleure que celle du C qu’on a Chanté le mois passe au College Clementin. Apres que les Cardx. furent parti j’allai entendre une deuxieme Messe à S. Andrea dellli Fratti et m’en revins vers une heure apes mdi au logis.

Le Marquis Baldasini dina ici. Je reposai l’apres midi pendant pres de deux heures et le P. Recteur du College Clementin s’etant rendu ici avec le P. Baldini et Mrs. les Comtes de Trautmansdorff Weissensdorff et Casine pour me remercier de ce que j’avois assisté le jour precedant à Leur accademie je les vis avant que d’aller à La Bocca della Verita ou À S. Maria in Cosmedin ou je fus le meme soir comme ces jours passés à Cause de La Neuveine de La Nativité de Notre Dame.

Je reçus le Soir du monde et il n’y eut point d’autres Dames que la Princesse Borghese qui resta à Souper et la Duchesse Gaetani. Il n’y eut pas nonplus beaucoup de Cavaliers parce que il y en avoit eu tant le soir d’auparavant car on peut dire avec verité qu’il y avoit toute la Noblesse de Rome tant en qui ait été en etat de venir tant en Dames qu’en Prelats et Cavaliers et meme plusieurs autres.* [margin: * Ma maxime etoit celle qui suit:

Puerilis cetas ludis […]” “L’age puerile ne doit point être excitée par les jeux mais elle ne doit point etre y etre pourtant pas tous a fait y etre livrée.”]

Le 7e. 7bre. Je me levai a l’heure ordinaire et le R.P. Confesseur vint chez moi apres La Messe et apres lui avoit recité mes le une partie de ma leçon je donnai audienne [sic] à trois des Collegeaux du Nazareno entre les quels etoient le fils du marquis Capuccini et le Neveu du Cardl. Passari. Apres qu’ils furent partis je repris l’Etude avec le R.P. Confesseur qui resta avec moi jusques vers les onze heures.

Je ne reposai plus l’apres midi mais je sortis de meilleure heures et fus à La Madonna del Pascolo ou L’on celebroit La fete de cette Image de La tres Sainte Vierge. Delà j’allai à S. Maria Egiziaca qui est une Eglise fort en antique et qui etoit autre fois le temple de La Fortune Virile. Elle est fort petit et tout pres de S. Maria in Cosmedin et je me rendis au sortir de S: Maria in Egiziaca.

Le R.P. Confesseur retourna le Soir pour L’Instruction car comme la nuit survient a present de meilleure heure que ci devant Mr. le GrandMaitre Lui dit qu’il _?_ retourner le Soir à L’Ave Maria comme il avoit fait c’est cet hyver. Je lui recitai ma leçon et apres qu’Il eut été quelque tems avec moy le Cardl. Camerlingue etant Survenu je sortis aussitôt.

La maxime marqué pour ce jour fut celle qui suit:

Gravia Studia intermissa languescunt”: C’est à dire en francois: “Quand les etudes Serieuses s’interrompent elles languïssent.”

Il n’y eut ce Soir Là aucune Dames mais le Cardl. joua avec moi alle Minchiate.

le 8e. Septe. Fete de La Nativité de La tres Ste. Vierge Marie je me levai à Six heures et demi et fis mes devotions au Logis.

Le R.P. Confesseur repartit dabord apres les Messes à Cause qu’il avoit été prie de vouloir assister un certain Lange qui dit le meme matin Sa priere Messe à St. Appollinare au College Germanique dans le quel il a été pendant quelques années et qui partira dans peu

J’entendis vers midi une 2e. Messe à Sta. Maria in Via. Je ne reposai point parce que je veux de nouveau m’en desaccoutumer d’autant plus que les chaleurs ont dejà diminué de beaucoup.

Je fus vers les Soir à St. And Adriano in Campo Viccino apres que le Nouveau Pretre Lange eut été chez moi en compagnie de R.P. Confesseur le quel vint aussi pour L’Instruction lorsque je fus de retour pos de La Susmentionnée Eglise.

Il n’y eut point d’autre Dame que la Princesse de Campagnano et plusieurs Cavaliers aussi bien que quelque Prelat.

La maxime de ce jour est: “Negotiossi Negotiosissim a Principum vita nullo die vacat ab ingentibus curis.” Cela signifie en francois que: “La Vie tres affairée des Princes n’est jamais vuides /: ou pour mieux dire ne manque jamais :/ des grands soucis.” Celle du

9e. Septre. est celle ci:

Rieritia quoque ita exercenda ut […]” : Cela veut dire que: La Puerilité doit etre exercée que de Sorte que L’on quelques heures de chaque jour soient toujours _?_ pour les d’apprendre les choses serieuses.

Le R.P. Confesseur vint matin et Soir et nous continuames toujours notre Philosophie. Il ne dit le Soir que il avoit vû D. Carluccio Albani lequel se porta de beaucoup mieux depuis de que Cecchi lui avoit fait une petite incision au genou. Le P. Procurate Procureur Gl. des Augustins vint m’inviter à venir à L’Eglise del Gesú e Maria al Corso Dimanche qui vient, au quel jour on y celebroit la fete de St. Nicolas da Tol de Tolentin. Le P. S. [blank] Dominicain vint ici L’Apres diné pour me voir plus en Patr particulier Son Pere ayant connu le Roy et Lui meme ayant été grand amis de Mr. le GrandMaitre a Vienne. Il a été Chambellan de L’Empereur d’aujourd’hui.

Je fus le meme jour à Santa Maria della Traspontina ou il y avoient les quarante heures.

Je recus le Soir du monde et n’y eut point de Dames si non La Princesse de Campagnano, et quelques Prelats et Cavaliers entr’autres le Duc de Palombara.

Le 10e. 7bre. Ma maxime etoit celle qui suit:

Ipsis Studus ad gravitatem […] “Ipsis Studüs ad gravitatem […]” “L’esprit flechit qui doit etre donné aux affaires flechit et S’accoutume à la gravité par les Etudes meme.” J’ecrivis le meme matin une lettre à mon frere S.M. le Roy et une latine à mon cher frere Xavier en reponse des Siennes en francois ecrites de Dresde le 10. et le 24. Aout.

Le R.P. Confesseur fut ici comme de coutume et nous continuames l’etude de la Philosophie. Je ne dormai plus ainsi que je l’ai deja fait depuis quelques jours et les Arcades m’ayant prié d’assister à une Accademie qu’ils qui se tiendroit à l’endroit accoutumé je m’y rendis vers les cinq heures et mais les Dames n’y étant pas encore arrivé nous attendumes pres d’une dem quart d’heure Il y eut Me. La Princesse Albani, la Princesse de Campagnano, la D. Marianne Albani, la Princesse Palavicini, et la Duchesse Gaetani.

Les plus belles Compositions qui ayant été recitées ce jour La furent:

Celle de Palavicini qui fit L’Oraison, une Eglogue Latin de L’Abbate Abate Morei, Le Sonet du Cavr. Zappi, les Sonets du de L’Aveugle Rolli, L’Elegie Latine de L’abate Lelli, et un Sonet de Je fus ensuite Salmour.

Je fus ensuite à S. Maria in Cosmedin aux quarante heures, et recus au retour le monde il y eut La Duchesse de Martino et La Princesse de Campagnano.

le Onz le 11e. Sept. Je fus le matin al Gesù et entendis La messe à l’Autel de Mon St. Patron.

Le R.P. Confesseur ne vint point ce matin Là.

Ma maxime fut celle ci:

Lanitas formandes ingenus adhibenda est.”

“Il faut ce servir de la douceur pour former les esprits.”

L’Abate Morei et le Chevr. Zappi vinrent ici au Nom de toute La Compagnie des Arcades pour me remercier de ce que j’avois été hier entendre leurs compositions.

Je fus L’apres diné assister à la devotion qu’il y a tous les vendredis à gli Agonizanti, et ensuite au discours que le P. Orlandi fait à L’Oratoire de St. François Xavier.

Il traita sur ce qui faut se garder de ne pas parler du prochain en louant ou en exagerant trop le mal qu’il aura commis mais afin que le prochain ne prenne point mauvais exxu ou pour mieux dire il faut le le compter de maniere qu’on puisse excuser L’intention afin que du malfacteur afin que le prochain ne prenne point mauvais exemple.

Je recus le Soir le monde et il y eut: La Sigra. Sposa Falconieri, La C. Petroni et la Marquise Crescenzi. Il y eut aussi beaucoup de Cavaliers et Prelats.

le 12e. Sept: Le R.P. Confesseur fut ici comme de coutume et nous poursuivimes l’etudes de La Philosophie.

Au reste le matin se passa comme de coutume. Le R.P. Confesseur retourna aussi ici le soir comme il le fit tous les jours depuis le 7. hormis le Vendredi.

Je fus le Soir aux quarante heures à La Chiesa nova et il y eut fort peu de monde Savoir la Baronesse Testa Piccolomini, La Princesse de Campagnano et trois ou quatre Prelats.

le 13e. 7bre. La maxime pour ce jour fut la suivante:

Lenis est vis Consuetudinis, ne que importuno monitore opus, ubi ultro ipsa monitario officio fungitur.” C’est a dire:

“La force de l’habitude, est douce et il y aussi point besoin d’un importun qui avertisse quand elle meme fait remplit elle meme L’employ de celui qui avertit.”

le 13e. Jour de Dimanche. Je me levai comme de Coutume et L’instruction du R.P. fut à six heures environ. Apres que nous eumes continuée L’etude de La Philosophie je Lui recitai L’Article du Jugement dernier que j’avois apris la Semaine passée le jour de la devotion. L’instruction dura trois quarts d’heure.

J’entendis une deuxieme Messe al Gesù et Maria ou l’on celebroit la fete de S. Nicolas de Tolentin.

Je fus L’apres diné à S.Maria inviolata ne pouvant aller aux quarante heures à Cause que le Cardl. de Tansin s’y etoit rendu le meme momment que je voulois y entrer.

Il y eut le meme Soir beaucoup de monde que je reçus comme de coutume apres L’Instruction du R.P. Confesseur entr’autres la Princesse de Carboniano qui me remit une tres belle tabattiere de Porphire d et dans laquelle il y avoit deux pierres des Indes qui son bonnes contre les douleurs Coliques, dont Mr. le GrandMaitre garde la recette. Il y eut outr. C’est d le Cardl. del Giudice qui m’en a fait present par Son Canal. Il y eut aussi la Princesse de Campagnano, la C. Bonarelli, la Sigra. Laura Grassi, et la Marquise Vettori. Voici la maxime qui etoit marquée pour le meme jour “Certas quotidie horas literarum studüs […]” Ce qui signifie en francois:

“Il faut assigner tous les jours de Certaines heures aux etudes des lettres.” Remarquer ce de Certaines, noter ce tous les jours.

le 14e. 7bre. Je me levai le matin le m a l’heure ordinaire et passai presque toute la matinée avec le R.P. Confesseur en continuant L’etude de La Philosophie. Le C. Porta, le Marquis Baldasini, et le C. Lagnasc dinerent ici.

Je fus le Soir à S. Maria ou à la di Loreto ou alla Madonna di Loreto de ou L’on donne tous les mardis la Benediction du Venerable vers l’Ave Maria.

Je fis ensuite Je fus L’apres midi à S: Bernardo alla Colonna Trojana ou al Nome di Maria ou il y a toutes les indulgences qu’il y a dans toutes les Autres Eglises de Rome. Ce fut Sixte quint qui Lui les donna.

Je revins de bonne heure et le R.P. Confesseur etant survenu je continuai avec Lui L’etude de La Philosopie.

Il Ma Maxime etoit:

“ Litera interdum […]”

Afin que les lettres doivent etre regleer de sortes qu’elles procurent une habitude plus gaÿe.”

Il y eurent quelques Dames Savoir:

La Princesse Borghese, La Marquise Massimi d’Ara Celi, la Sigra. Maddalena Cenci, la Sigra. Caterina Sampieri et plusieurs prelats et Cavaliers.

le 15e. 7bre. Le matin ce passa comme d’ordinaire.

Je fus le Soir alla Madonna di Loreto ou L’on donna La Benediction du Venerable comme on le fait tous les mardis de L’année vers L’ave.

Le R.P. Confesseur vint comme toujours chez moi apres que j’eus fait un tour vers porta pia. Nous repetames et continuames La Philosophie comme je reste avec le R.P. jusqu’à ce que le monde vienne L’instruction dura un peu plus qu’a L’ordinaire à cause qu’il n’y eut que des Prelats et Cavrs.

La maxime de ce jour fut “Tristio et Liornda doccctrinae

“La face triste et horide de La doctrine effraise les enfans.”

le 16e. 7bre. Je recus le meme jour une lettre tres gracieuse tant du Roy que de La Reine en date du 31. et L’autre d aussi du 31. d’Aout, une de La Prsse de Weisenfels en date du 24. Aout une du C. Brohl en date du 2e. 7bre.”

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About Comte de Lusace

Friedrich Christian (Sept. 5, 1722- Dec. 17, 1763) was the eldest son of King August III and Queen Maria Josepha of Saxony/Poland. Sickly at birth and crippled by what was described at the time as "palsy", he toured Italy in 1738-40 on a quasi-Grand Tour-cum-pilgrimage and cure, aged 15-18. Traveling incognito as Comte de Lusace, he departed Dresden on May 13, 1738 in the company of his sister, Maria Amalia, the new Queen of Naples, for a four-week journey via modern-day Czech Republic, Austria and Slovenia to arrive in Naples on June 22, 1738. Following a cure on Ischia (July 12-Sept. 23, 1738) and a period of recuperation in Portici and Naples (July 23-Nov. 15, 1738), the prince sojourned for a year in Rome residing in Palazzo Albani alle Quattro Fontane (Nov. 18, 1738-Oct. 14, 1739). After Rome, he toured Tuscany, Lombardy and the Veneto (Oct. 14-Dec. 21, 1739) before floating into Venice for six months in Ca'Foscari (Dec. 21, 1739-June 11, 1740). Prior to returning to Dresden on Sept. 7, 1740, the prince spent two months in Vienna with his grandmother, Dowager Empress Wilhelmine Amalia. Three unpublished diaries written by the prince and two members of his entourage offer parallel accounts of each day of a unique tour of Italy and are presented here in the form of a blog, together with auxiliary documentation and illustrative material. NB: Inaccuracies, idiosyncrasies and misspellings are retained; some writing is bound into the margins and illegible. Autocorrect has occasionally introduced misspellings for which I apologize.
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