Comte de Lusace, Nov. 15-18, 1738, Naples to Rome

The route from Naples to Rome

The route from Naples to Rome

“le 15.e 9bre. Le C. Charni, le Duc de Castropignano, et un grand nombre de Cavaliers furent prendre congé de moy. Nous partimes a 7. heures du matin. Le tems nous favorisa beaucoup car il fit la plus belle clarité de Soleil qu’on put desirer. Nous fumes de bonne heure à Aversa ou je trouvai un Regt. de Dragons à Cheval sous les armes et Mr. le Marquis de Santa Croce qui est Brigadier du meme Regt. de Dragons s’etoit trouvé Le Marquis Dona, et Don Paolo s’etant rendu à la ville susmentionné prirent la Congé de moy.

Je dejeunai à Capoue apres quoy je pris congé de Mrs. le Marquis Torregiani, du Cte. Bolognini, et de M. Don Pepo Papacoda, de meme que du Duc de Fragnito, et du Marquis de Vinai. Nous passames apres cela par Sparavise

Les Trois Cavaliers qui m’avoient accompagné depuis Naples y resterent. Nous allames changer la 3me. fois les chevaux à Sparavise. Cet endroit apartient au Prince de Trajetto. Il est fort mauvais, et ne consiste qu’en quelques cabannes. Ce fut à S. Agata que nous changeames le 4me. fois de chevaux.

La 5me. fois que nous changeumes de Chevaux fut à Gargliano apres avoir passé le Riviere du meme nom dans une petite barque de Pecheurs. Ces endroit apartient au Prince de Traj Nous allames ensuite à Mola di Gaeta ou l’on tira le canon à notre arrivée ainsi que l’on l’avoit deja vait au depart de Naples à Aversa et à Capouë ou les Regt. du Roi, et celui de Royal Pa___ qui y sont en garnison fut sous les armes. Nous changeames de Chevaux à Molo ou nous logeames dans un Couvent de Benedictins qu’on nomme à Naples Padri di Monte Oliveto que la Cour n’avoit assigné et qui est fort commode. Ce fus jusques là que la Cour de Naples m’a defray. J’y eus pour gardé une Cap Compagnie du Regt. Royal Farnese et touts les Officiers et la garisson vinrent me faire la Court. Don Pietro Gasca Coll. du Regt. s’en retourna le meme jour à Gaeta je di NB. Le P. Abbé de ce couvent s’appelle P. Don Angelo Maria Camassei Don N Fo les mas Merlo Fourier du Roi qui a eu soin des offries a reçu le lendemain une tabattiere d’une pierre de Saxe monté en or.

le 16e. Nov. Nous partimes à 7. heures de Castellone et apres y avoir entendu la messe nous changeames de chevaux à Itri, et Fondi, qui sont de jolis ville mais peu peuplées. Don Nous fimes  ses ces deux postes continuellement sur la via Appia. Le pais est fort montagneux et tout rempli de ruines antiques qui sont en partie très bien conservé. Le C. Con Francesco Vulterale [ ?] Commissaire des postes du Pais m’accompagna jusqu’à Portello qui fait la frontiere du Royaume et qui n’est qu’un petite porte à la quelle il y à une garde d’E_ ?_. Je lui donnai une montre d’or pour ses peines.

Nous dejeunames à Terracina premiere poste dans l’Etat de l’Eglise ou je fus reçut au bruit des Canons et par une deputation qui vint me feliciter dans toute les formes, mais comme je fais ce voyage et tout ceux que je ferai peutetre sous le nom de Comte de Lusace par ordre expres de S.M. le Roy mon tres cher Pere je leur repondai tout net, Que le Comte de Lusace leur etoit fort redevable des attentions dont ils avoient usé envers lui et qu’il ne manqueroit point d’en faire un destimet rapport à Sa Sainteté quand il auroit l’honore de ce mettre à Ses pieds. Nous y changeames de chevaux et allames à Marutti qui est à une poste de Terracina. Depuis ce mauvais endroit jusqu’à Piperno ou nous couchames la nuit les chemins etoient Excercrables. Je fus cette nuit dans la maison du Comte Zaccalioni dans la meme chambre dans la quelle La Reine m chere Sœur avoit couchée lors a Notre dernier passage lorque nous allames avec Elle à Naples.

le 17e. 9bre. Mr. le GrandMaitre envoya Salmour au devant pour dire a tous les endroits ou il verroit le canon en batterie que le Comte de Lusace remercioit fort la Ville de ses attentions et qu’il regardoit cet’honneur comme fait. Il nous devança avec le Courier du Pape qui etoit venu nous trouver à Terracina avec ordre d’ordonner le Chevaux à toutes les postes ou nous passerions.

le 17.9bre. La Messe etant finie nous partimes de Piperno à six heures, et demi du matin. Nous changeames des chevaux alle Casaccie mais ne dinames qu’à Sermoneta à deux postes de Piperno.

Le Casaccie sont en effet de mauvaises petites maison presque entierement deserte et abbandonnées . Sarmoneta [sic] appartenent au Duc de Caserta Beau frere de Son Emce. le Cardinal Camerlingue. La Ville est située sur une petite Coline, mais le Bourg qui est en bas est tant entouré de villains lacs que donera une puenteu_ horrible au né de tous les passagers. L’on tira ici le _ ?_ du haut de La Coline à mon arrivée car le Chatieau [sic] qui est presque aux millieux de La petite Ville est fortifié et à quelque pieces de canon que l’on tira comme je l’ai deja dit malgré d’ou mais Nous allames de là à Cisterna qui est l’autre poste qui suit ou nous changeames et de chevaux et etant parti peu de tems apres nous arrivames de fort bonne heure à Velletri qui etoit l’endroit destiné pour la Couchée. Nous y trouvames le Comte de Lagnasco Ministre du Roi mon pere à la cour de Rome, et le Major de Bülow.

Le Comte de Lagnasc avertit Mr. le Grand Maitre comment le Connetable Colonna s’etoit rendu tout exprès à Marino ou je dois passer le Lendemain pour m’y garder à diner Sur qu et qu’il s’etoit meme empare de toutes les provisions de bouche et que les Notres avoient fait aussi bien que de tous les vins qui etoient destines puor mon service. Mr. le Grand Maitre ayant demandé dabord s’il y auroit beaucopu d’Etrangers et le C. l’ayant assuré qu’il n’y auroit que le Connetable et Mme. son Epouse il resolut dabord de l’accepter.

Le Comte Lagnasc ayant parlér quelque tems sur le ceremoniel que je devois observer à Rome sous le nom de Comte de Lusace tant avec les Cardinaux qu’avec les Dames, Monsignori et autres gens de distinction aussi bien que du traitement que le Pape me donneroit a mon audience, il fut resolu que pour les avec les Dames il n’y auroit print du tout de Ceremoniel à obervé et que je leur cederois sans diff aucune difficulté que pour les Cardinaux et autres je ne pretenderoit jamais rien d’eux, que je saurois avois receverois de l’egard a toutes les distrinction qu’ils me feroient, mais qu’absolument je ne veut me prejudicier en aucune façon quoique je ne vienne à Rome qu’en incognito et qu’enfin le Comte de Lagnasc donneroit part au S. de mon entrée dans cet Etat ou au Saint Pere meme ou du moins au ministere.

Le C. Lagnasc partit encore la meme nuit pour Rome car sans cela il n’auroit pas moyens de trouver les chevaux.

Le Cardinal Ottoboni _ ?_ du Sacré College se trouva à Velletri quand j’y passai a cause qu’il prenoit possession de cet Eveche + [margin : + dont le Pape l’avoit honoré apres la mort] apres que le d’un Cardinal Barberini son predecesseur etoit mort le quel mourrut à Rome il y a fort peu de tems.

le 18e. 9bre. Apres avoir entenud la Messe je partis à Sept heures et demi de Velletri pour aller diner à Marino chez le Grand Connetable Colonna ou j’arrivai à 10 heures passés.

Nous nous _ ?_ à onze heures à table et ce furent Me. La Grand Connetablesse, Le Grand Connetable, ses trois fils [indistinct] de Brühl et R.P. Breinl qui dinerent avec moy. Je restai encore quelque tems après nous etre levé de table à Marino, mais le R.P. et Wilezynski prirent les devant jusqu’à Rome.

Nous partimes à 2. heures passées de Marino, mais point avec des Chevaux de poste, car je me mis dans la Carosse du C. Lagnasc qui l’avoit envoié tout expres jusques Là.

Je fus aussi reçu du Connetable à un mile de Marino ou je me mis dabord dans Son carosse.

Sejours de Rome.

La Princesse Donna Teresa Albani vint à ma rencontre à trois bonnes miles de Rome avec Don Orazio, et L’Abbé Albani, ses deux fils. Lorsqu’on la vit approcher je descendis de mon Carosse pour aller lui donner la main et La reconduire en Son carosse dans le quel [indistinct] avec Elle Mr. le Grand Maitre, et Don Orazio nous allames tout doucement, et entrames en Rome vers une heure de nuit pour conter à l’usage du païs par la Porte de Saint Jean passames devant la Fassade de La Grande et Sete. Basylique de St. Jean Lateran qu’on nomme ici: St. Giovanni Laterano nous tournames Ensuite à droit pour prendre nous passames par la via di S. Clemente et celle du del Colosseo qui sont de fort belles vuës. Je pouvrai mieux decrire quand j’aurai

Lorsque nous arrivames au Palais du Cardinal St. Clement il nous reçut au bas de l’Escalier Qu Quand nous fumes arrivés au Palais du Cardinal Carmerlingue ou je dois loger Son Emce. me reçut au bas du Grand Escalier. Je donnai la main à Donna Teresa et la menai ? au 1. Etage en haut au premier etage d’ou le Cardin Cardinal Al m’avoit preparé un apartement très noble et magnifique ou Me. la Princesse aussi bien que Son Emce. m’obligerent et me present d’entrer. Il y a douze grandes chambres enfilées l’une après l’autre et l’une mieux meublée que l’autre. Surto Il y en a surtout une qui est de vou velour rouge et drap d’or sur le quel il y peintes des histoires de l’Ancien Testement qui est La plus belle tant par rapport au bon gout que par rapport au travail et a la magnificence.

Le Cardinal prit enfin le congé de nous et s’en retourna dans la maison qu’il a pris pour y demeurer pendant mon sejour ici à Rome car puisque j’occupe ses apartmens ordinaires.

Je conduisis ensuite Donna Teresa dans Son apartement qui est au 2me. Etage ou je trouvai Me. La Princesse Campagnano avec le Prince Son Epoux. La Princesse Albani me fit dabord une partie de jeu de troissept avec Me. Sa Fille, le Duc de Noj Noja et Monsgr. Chiggi Frere du Prince Compagnano et de La Duchesse de Sora qui a été complimenter la Reine ma Sœur d lorsqu’Elle passa par l’Etat de l’Eglise en qualité de Nonce Extraordinaire de Sa Sainteté.

J’invitai Me. Donna Teresa, La Princesse Sa Fille, Son Epoux, Monsgr. Chiggi, Mgr. Santobono et le Fils de La maison Don Orazio à Souper chez moy. On se retira vers les cinq heures et demi à l’Italienne.”

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About Comte de Lusace

Friedrich Christian (Sept. 5, 1722- Dec. 17, 1763) was the eldest son of King August III and Queen Maria Josepha of Saxony/Poland. Sickly at birth and crippled by what was described at the time as "palsy", he toured Italy in 1738-40 on a quasi-Grand Tour-cum-pilgrimage and cure, aged 15-18. Traveling incognito as Comte de Lusace, he departed Dresden on May 13, 1738 in the company of his sister, Maria Amalia, the new Queen of Naples, for a four-week journey via modern-day Czech Republic, Austria and Slovenia to arrive in Naples on June 22, 1738. Following a cure on Ischia (July 12-Sept. 23, 1738) and a period of recuperation in Portici and Naples (July 23-Nov. 15, 1738), the prince sojourned for a year in Rome residing in Palazzo Albani alle Quattro Fontane (Nov. 18, 1738-Oct. 14, 1739). After Rome, he toured Tuscany, Lombardy and the Veneto (Oct. 14-Dec. 21, 1739) before floating into Venice for six months in Ca'Foscari (Dec. 21, 1739-June 11, 1740). Prior to returning to Dresden on Sept. 7, 1740, the prince spent two months in Vienna with his grandmother, Dowager Empress Wilhelmine Amalia. Three unpublished diaries written by the prince and two members of his entourage offer parallel accounts of each day of a unique tour of Italy and are presented here in the form of a blog, together with auxiliary documentation and illustrative material. NB: Inaccuracies, idiosyncrasies and misspellings are retained; some writing is bound into the margins and illegible. Autocorrect has occasionally introduced misspellings for which I apologize.
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